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Le siège du clocher de Fontenay le 19 août 1830.

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Récit narrant une aventure qui se déroula dans la commune et dont le protagonistes principaux sont le maire Antoine Wion et le curé Joseph-Sébastien Robert .

Grande scène d'un petit drame qui s'est passé il y a quatre jours à Fontenay-sous-Bois.

Voyez toute la disgracieuse aventure qui advint il y a quelques jours à Fontenay-sous-Bois près de Vincennes. Point n'avoit jamais montré de joyeuseté, de bonhomie, ni de tolérence, le bon Curé de Fontenay-sous-Bois bien différent de celuide Meudon, de riante mémoire, sévérité, rudesse s'abritaient dans son coeur, les plaisirs innocents de ses chers paroissiens ne lui ... pas aussi grande étoit la haine qu'on avoit pour lui dans la Commune.

Le 29 juillet dernier à la tombée de la nuit, liessede réjouissance dans l'endroit de Fontenay-sous-Bois, Cocarde au coeur, drapeau tricolore au vent, les paysans dévilainisés pour toujours et formés en garde nationale, le maître d'école a leur tête, s'atoient rendus à la porte de l'Eglise ou la boutique d'un cabaretier qui avoit été forcé de mettre la clef sous la porte parce que qu'il vendoit de mauvais vins, avoit été transformé en corps de garde; le maitre d'école qui sait écrire avoit été prié de tracer sur l'enseigne cette seule phrase: Vive la Charte ! Vive la Liberté !

Tout s'étoit bien passé jusque là, mais voilà-t-il pas que le 14 ou 19 Août, on apperçoit le quidame qui le soir effaçait la patriotique devise; bousculé, battu et interrogé ensuite, le quidâme plus bête que méchant répond pour se disculper qu'il ne suit que les ordres du bon curé de Fontenay-sous-Bois. Or, les vêpres étant finis, le curé ôtoit alors son surplis : Courons à l'Eglise corriger Monsieur le Curé disent les paysans qui ses souvenoient des violences de leur bon pasteur; vous dire ce qu'il lui serait arrivé si le Maire et son adjoint, accourus au bruit n' avoient ralenti leur première fureur, c'est ce qui n'est point en mon pouvoir.

"Nous ne voulons que le forcer à remettre les mots qu'il a effacé" crièrent-ils alors, et les portes de l'Eglise furent soudain ouvertes. Mais le Curé ne les avoit point attendus; il s'étoit d'abord retranché dans la sacristie, ou ne se trouvant pas assez en sûreté, il s' étoit d'abord retranché dans la sacristie, ou ne se trouvant pas assez en sureté, il s'étoit réfugié dans le clocher. C'est alors que commença un des plus beaux sièges de clochers dont il ait été fait mention dans l'histoire des trois Gilblas, et le siège m^me de Troie pâliroient devant l'assaut donné au clocher de Fontenay-sous-Bois, s'il se trouvait un parail Hômère pour le chanter. On auroit dit que tous les cailloux du département s'étaient donnés rendez-vous dans les mains des Rustiques assaillans. En vain, le bon curé se mettait-il jusque sous les cloches ; il ne savait pas où donner de la tête. Et probablement au bout de trois heures de siège aurait-il passé un mauvais moment, si le Maire et son adjoint après avoir enfin appaisés leurs chers administrés n'étaient allés déclocheter le vénérable pasteur et ne l'avoient reconduit au presbytère bras dessus bras dessous, sans pouvoir cependant le garantir des Brocrards et des épigrammes des beaux esprits de Fontenay. Ceci vous prouve chers lecteurs, que le devoir des curés, surtout est de prêcher que paix et concorde et que celui qui fait mal s'expose à ce que mal lui advienne. Fin du siège du clocher de Fontenay-sous-Bois.

SIGNE: Catherine Steichenz

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