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Tatouage fruitier

Pochoirs à fruits. Don D. Codevelle.

Une technique décorative qui a la pêche ...

Ce mois-ci, nous vous présentons une série d'anciens pochoirs représentant des avions à hélices, un moulin, des grappes de raisins, des indiens, des couronnes royales ... utilisés pour décorer les fruits.

Le marquage est une vieille technique montreuilloise, généralisée au XIXème siècle et qui permet de faire apparaître un motif sur la peau des pêches, des pommes et des poires. C'est d'une certaine façon, un tatouage inversé.

Cette méthode n'était pas exclusivement utilisée par les horticulteurs de Montreuil. Ceux de Fontenay-sous-Bois et de Bagnolet l'adoptèrent, dans une moindre mesure, sur leurs fruits.

A l'aide d'une colle alimentaire naturelle, souvent fabriquée à partir de peau de lapin ou de bave d'escargot, ils fixent une décalcomanie sur le fruit. Les rayons du soleil colorent la peau tout autour. Il suffit d'ôter le pochoir pour obtenir, en négatif, une décoration.

Les fruits marqués n’étaient pas vendus aux Halles de Paris ou sur les marchés des alentours comme pouvait l’être la récolte ordinaire. Ils trouvaient leur place dans les grands restaurants, dans les épiceries fines (Hédiard, Fauchon …) ou sur les tables des élites. Les clients demandaient parfois la personnalisation de ces fruits avec leur blason, leur monogramme ou armoirie. Ces fruits étaient des produits de luxe.

Cette technique permettait de se démarquer des arboriculteurs du Sud qui, grâce au développement des transports, inondaient progressivement le marché avec des fruits moins chers et tout aussi juteux et sucrés.

De nombreuses autres techniques permettaient de pallier le climat difficile de la Région parisienne et  d’obtenir des fruits magnifiques: les « murs à pêches », la culture en espalier, l'ébourgeonnement, le palissage "à la loque", l’effeuillage à l’ongle, l’ensachage des pommes et des poires… Ces techniques ne cessaient de se perfectionner et atteignaient un grand degré de sophistication.

Les "jardins à la Montreuil" occupaient beaucoup moins de superficie agricole à Fontenay qu'à Montreuil sans doute parce que les fontenaysiens ont gardé une préférence pour la vigne au XIXème siècle.

Pomme marquée au pochoir. Coll. Service municipal de la Communication Mme Beuzeville à la cueillette des pommes ensachées dans un verger de Fontenay, 1980. Coll. AMFSB M. Saubadine et un fruit de sa belle récolte, 1980. Coll. AMFSB Mme Ledoux vendait encore ses poires d'hiver, des "Passe-crassane", 10 francs le kilo, au marché Roublot en 1986. Don. D. Codevelle.

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