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Dessin d'un projet architectural

Le plan de la mairie et ses dépendances, Claude Naissant architecte, 1858. Archives Municipales de Fontenay-sous-bois

 Le document du mois présenté pour cette nouvelle année 2018, est un ensemble de plans dressés il y a 160 ans par l’architecte Claude Naissant et qui représente « l’ensemble de la mairie et de ses dépendances ».

Le maître d’œuvre, Claude Naissant, a été formé à l’école des Beaux-arts de Paris. Il est architecte départemental et à ce titre il conseille le Préfet de la Seine, décisionnaire en matière de projets de travaux, au sein de la Commission départementale des bâtiments civils. Les conseillers municipaux fontenaysiens ont déjà fait appel à lui en 1847 pour la  rénovation de l’église paroissiale.

En 1858, il a déjà acquis une  bonne expérience en matière de construction de mairie. Il dirigea notamment le chantier de la mairie de Châtillon, très semblable à la nôtre.

Le terrain d’assiette du projet  se situe rue des Pissarons, actuellement rue de l’Ancienne-mairie. Il n’est pas nu. Une bâtisse bourgeoise s’y érige déjà et accueille la mairie depuis 1840. Son délabrement impose sa démolition. 

Les élus municipaux  n’ont pas décidé par hasard de cet emplacement. En effet, il est au centre du bourg, proche de l’église Saint-Germain l’Auxerrois. Ce choix est un acte fort du pouvoir laïque face à un pouvoir religieux pluriséculaire.

Mais ce pouvoir local est encore sous la tutelle du pouvoir central, symbolisé par l’aigle impérial, tamponné au bas des plans. Et d’ailleurs, le Maire, Jacques Simon Boschot,  signataire du document, n'a pas été élu par les fontenaysiens mais nommé 5 ans plus tôt par le Préfet, représentant de l’Etat. Il a juré "obéissance à la Constitution et fidélité à l'empereur".

Les édiles optent pour un bâtiment simple, symétrique, avec une façade sobre qui doit exprimer la dignité et la sagesse du pouvoir local.

De style classique, il est composé de pierres de taille (roche de Bagneux et pierre blanc royal de Méry). Le toit est en ardoise. Le fronton est surmonté de 3 cloches.

L’édifice en projet ne serait qu’une  maison d’habitation si il n’y avait pas eu les attributs républicains pour rappeler sa destination publique : le terme « MAIRIE », esquissé par l’architecte, l’horloge frontale, le drapeau tricolore.

Du projet à la réalisation le bâtiment évoluera et les édiles demanderont par la suite à Jules Lavigne, sculpteur, de décorer cette façade avec des frises, mascarons, oves, pilastres et la date de construction en chiffres romains:"MDCCCLVIII".

Deux annexes encadrent la grille d’entrée. A gauche un pavillon est réservé au corps de garde, son « violon » et son lieu d’aisance. A droite, le logement du garde champêtre et le lieu de stockage de la pompe à incendie des pompiers. Elles sont construites deux ans plus tard.

A l'occasion de l'agrandissement de la mairie, en 1930, ces pavillons seront démolis.

Plus d’un siècle après, la municipalité décide de construire un nouvel Hôtel-de-Ville dont l’implantation se rapproche du Grand ensemble, sorti de terre dans les années 60.

En 1986, l’ancienne mairie devient la Maison de l’habitat, de l’équipement et de l’environnement.

Très prochainement les Archives municipales mettront en ligne un fonds de 2295 plans anciens d'architectes qui ont bâti à Fontenay.

D'ici-là, les amateurs de dessins d'architecture pourront visiter, aux Archives Nationales, l'exposition qui traite du sujet au XVIIe siècle.

L'exposition des Archives Nationales "Dessiner pour bâtir"

La mairie au début du XXème siècle. Archives Municipales de Fontenay-sous-Bois

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