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Fonds Béchade

Le sergent Mony dans une tranchée en 1916

Madame Claudine Béchade a répondu très rapidement à l’appel d’une collecte locale de « documents, photos, objets ayant un lien avec  la Grande Guerre », lancé en janvier 2014 dans le journal de la ville.

Elle a déposé aux archives municipales 124 documents, très variés : dessins, cartes, plans, cartes postales, journaux … Ils couvrent la période de 1904 à 1939.

Beaucoup concernent son grand-père, Jules Vézard, poilu ayant survécu à la guerre 14-18.

Pendant la Grande Guerre, il croquait sur le vif ses camarades de tranchée, leurs conditions de vie, les lieux des combats … Ces dessins sont de remarquables sources pour connaître le quotidien des soldats, faute de photographies, rares à l’époque.

Jules Vézard, historien dans l’âme, a également conservé des photographies et de nombreux documents liés à son parcours militaire et à cette guerre.

Madame Béchade nous a fait part oralement de souvenirs sur son grand-père et des récits qu’il lui a faits de « sa  guerre ». Il lui  racontait les souffrances vécues dans les tranchées tant physiques que morales, le manque de propreté, les parasites, les rats, les angoisses, la boue …

Il s’est souvenu d’un moment terrible. Alors que tout explosait, que l’artillerie française tirait juste pour les « encourager » à monter le talus, à aller se battre, il tomba dans un trou, formé par un obus allemand, éclaté à côté de lui. S’il n’y avait pas eu les amis combattants, il serait mort enseveli. Grâce à eux, il fut délivré rapidement et de justesse.

Un autre souvenir est remonté à la surface. Il faisait très chaud, c’était au mois d’août.  Ils se trouvèrent, à la suite d’un combat contre une quarantaine d’allemands, isolés dans leur tranchée. Les ennemis étaient proches. Seuls et abandonnés, sans eau, sans vivres, sans bouger, laissés pour morts, ils se croyaient finis. Après trois jours, en fonction des mouvements des combats, ils ont pu être évacués, non sans mal.

Pour les obliger à monter se battre, on leur donnait du rhum pour les stimuler. Il lui est arrivé aussi de recevoir l’ordre de se battre « baïonnette au canon », une façon terrible et barbare de combattre.

La nuit, ils entendaient les blessés et allaient les chercher courageusement. Il y avait parfois les allemands qui creusaient des sapes vers leurs tranchées pour leur lancer des gaz mortels dont beaucoup de français mourraient.

Ils attendaient avec impatience la permission dans leur famille. Et quand celle-ci arrivait, au bout de 2 ans, après maintes annulations, ils étaient heureux.

La grand-mère de Madame Béchade lui a raconté que lors d’une permission de 8 jours, il est arrivé heureux et triste en même temps, l’esprit préoccupé et traumatisé. Il avait son uniforme bleu, le col relevé, il ne parlait pas beaucoup. Au moment du départ, il demanda qu’on ne l’accompagne pas à la gare, malheureux.

Un jour, il parla, dans la tranchée à son lieutenant nommé Christ. Il lui dit « Je vous le dis, je ne suis pas rassuré, j’ai peur ». Le lieutenant lui répondit : « Moi aussi Vézard » et mon grand-père lui dit « J’ai deux enfants » et le lieutenant de répondre « j’ai six enfants ». Un mois plus tard ce lieutenant fut tué au combat ce qui accabla Jules.

A la fin de la guerre, démobilisé à Joigny, dans l’Yonne, et heureux de rentrer chez lui enfin, il apprend que sa sœur est malade. Il rentre le plus rapidement possible. Quand il arrive, elle est déjà morte et enterrée. Victime de la grippe espagnole, elle n’avait que 26 ans. Un chagrin de plus.

Toujours marqué par ce qu’il avait connu, il est revenu en 1932 sur les lieux des combats. Ses souvenirs étaient douloureux.

 

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