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Profession: comédien à la Comédie Française

Gravure représentant Préville, par Couché fils sculpteur, extrait de l'ouvrage Mémoires de Préville de K.S.H. (Henri-Alexis Cahaisse),1812. Collection Archives municipales.

Le service des archives met en lumière ce mois-ci un comédien illustre du XVIIIème siècle : Pierre-Louis Dubus dit Préville. Il séjourne pendant une dizaine d’années à Fontenay-sous-Bois, dans une propriété située à l’angle des rues du Cheval-Rû et de Rosny qu’il acquiert en 1767. Cette maison appartenait au curé Pierre Antoine de Laval.

Le domaine se compose d’un corps de logis principal, une cour, une basse-cour, un logement pour le jardinier, une écurie, une remise, un grenier, une serre, un hangar et un jardin clos de murs.

Pierre-Louis Dubus nait à Paris, rue des Mauvais-Garçons, le 17 novembre 1721, dans une famille de 9 enfants. Il fuit le foyer familial dès l’adolescence, poussé par la sévérité excessive de son père.

Il commence sa vie professionnelle chez des maçons comme manœuvre, métier, qu’il juge trop pénible. Ayant eu la chance d’avoir reçu un apprentissage de la lecture et de l’écriture par un moine de l’abbaye Saint-Antoine, il réussit à se faire engager en qualité de 5ème clerc chez un notaire. Ce notaire n’est autre que Jacques Maquer, le futur seigneur de Fontenay. Les actes, procurations et inventaires divers l’ennuient rapidement et malgré les intentions de son père, il décide de se diriger vers une carrière théâtrale.

Il se forme avec un acteur du théâtre italien et prend un nom de scène pour préserver sa famille : Préville sera son pseudonyme. Ses débuts se font sur les planches provinciales où il se spécialise dans les rôles comiques de valets. Repéré par le directeur de l’Opéra Comique, Jean Monnet, il fait son entrée à Paris, à la foire Saint-Laurent en 1743, le temps de l’évènement.

A cette époque, la scène théâtrale parisienne était très surveillée par le pouvoir royal. Les pièces devaient être écrites pour que la censure puisse s’exercer. Les bâtiments dédiés à cet art étaient peu nombreux et de ce fait le théâtre populaire se faisait dans la rue qu’on appelait le théâtre de foire.

 Pour pouvoir exercer son art en toute liberté, Préville retourne en province, car en dehors de la Comédie française point de salut ! Il s’y perfectionne et enrichit son répertoire. Il se montre un parfait comédien aux talents variés, pouvant jouer tous les caractères de la comédie.

Mais Paris manque à sa gloire. La mort du célèbre acteur Poisson lui facilite la tâche. En 1853, la Comédie française l’appelle pour jouer Crespin dans le Légataire universel de Regnard. C’est un franc succès. Il enchaîne les rôles et joue dans les pièces d’auteurs reconnus tels que Molière, Corneille, Marivaux, Beaumarchais … Lors de la présentation d’une pièce presqu’oubliée, le Mercure Galant, où Préville joue 6 rôles comiques, louis XV le remarque et dit à Richelieu : « Je reçois Préville au nombre de mes comédiens, allez lui annoncer ».

Il épouse l’actrice Madeleine Drouin, « spécialisée » dans les rôles de grande coquette. Ils ont trois enfants.

En 1774, il est placé à la tête de l’école royale de déclamation.

Il prend sa retraite en 1786 mais il remonte sur les planches à 71 ans, avec sa femme, à la demande des sociétaires du Théâtre Français, vu les circonstances pénibles où se trouvait cette institution au début de la Révolution. L’affluence fut prodigieuse et la représentation remplit les caisses du théâtre. Il joua encore quelquefois jusqu’en 1796.

Les décès de deux de ses enfants et celui de sa femme en 1798 contribuent à accélérer son affaiblissement. La fille qui lui restait l’accueille chez elle à Beauvais où il décède le 18 décembre 1799.

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