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La Maison du Citoyen et de la vie associative

Maison du Citoyen et de la vie associative

Dans les mémoires d’Alexis Houzeau (1744-1823), villageois fontenaysien, il est question  d’une propriété, carrefour de la Planche (actuelle rue du Révérend-Père-Lucien-Aubry) existant dès la fin du XVIIème siècle. 

Elle  appartiendrait alors au sieur Brousquet. Au siècle suivant, l’abbé de La Grive relève l’existence de ce domaine sur sa carte de 1740. Il comprend une habitation principale, une écurie, divers communs, des jardins arborés et un potager.

Le domaine en 1797, ruelle de la Planche, appartient alors aux demoiselles Chenard qui le vendent à un négociant parisien, Cosme-Joseph Wuy. Celui-ci possède d’autres maisons à Fontenay ainsi que le moulin à vent des Rosettes.

La maison est pillée en 1815, par les troupes alliées (anglais, autrichiens, prussiens et russes), vainqueurs de Napoléon. Le mobilier et les objets ayant de la valeur disparaissent tout comme les chevaux.

Etienne-Clément Herbel rachète le bien en 1817. Il le remet en état et achète des terrains alentours.

En 1855, à la mort de ce dernier à son domicile parisien, un entrepreneur de travaux publics, Louis Chanudet, l’acquiert et édifie le bâtiment que nous connaissons aujourd’hui et achète aussi de nombreuses propriétés avoisinantes. Il en fait sa résidence principale.

Mais les initiales « AB » que l’on voit sur la façade du bâtiment, côté jardin, sont celles du nouveau propriétaire de 1872, Alexandre Bessy, important fabricant d’Auteuil.

La propriété passe aux mains de la Société Civile Immobilière Sainte-Anne qui y établit une institution de jeunes filles, « Institution Belle-vue »,  en 1893.

Elle s’étend sur 30 000 m². C’est une pension privée où quelques fontenaysiennes de bonnes familles reçoivent l’enseignement des religieuses.

En 1900, le pensionnat compte 55 élèves encadrées par une institutrice et cinq adjointes. L’intendance est assurée par cinq domestiques, un cocher et des jardiniers.

Dans les dépendances de la propriété, les religieuses de la congrégation de la retraite du Sacré-Cœur installent, en 1904,  une école pour les enfants pauvres, dénommée Ecole des Saints-Anges.

En 1911, Henri-Etienne Ruel (ancien directeur du Bazar de l’Hôtel de ville de Ville à Paris) achète cette partie du domaine et la transforme en école confessionnelle de la paroisse. Mais faute de moyens financiers suffisants, l’école des Saints-Anges cesse son activité.

Durant la 1ère guerre mondiale, une partie du pensionnat est réquisitionnée pour servir d’hôpital militaire auxiliaire. Des infirmières bénévoles de la Croix Rouge de Fontenay y soignent les blessés du 12ème régiment de Vincennes et certains rapatriés du Front.

Jusqu’en 1919, la propriété permet aux traumatisés de la guerre de poursuivre leur convalescence.

 

Le 29 septembre 1923, l’évêque Victor Valentin Dreyer acquiert la propriété pour en faire un petit séminaire des missions franciscaines.

Ce séminaire restera ouvert jusqu’en 1967.

Plusieurs écoles catholiques de garçons semblent avoir été ouvertes à cette époque, parallèlement aux activités du séminaire dont l’existence va marquer la vie des fontenaysiens. Pendant l’Occupation, le séminaire est l’un des pôles de résistance de Fontenay : aide aux aviateurs, faux papiers, carte d’alimentation …

En 1942, le séminaire accueille clandestinement une assemblée des Scouts de France de la région parisienne, alors que ce mouvement est totalement interdit par les nazis et par le gouvernement de Vichy. Les franciscains vont cacher un prêtre anglais, un jeune d’origine juive, un jeune Alsacien, ancien élève de Fontenay, qui de retour dans sa province, est mobilisé de force dans l’armée allemande.

Lors des combats de la libération de Fontenay, le 25 août 1944, une lutte sans merci se déroule autour de la Route 42. Les franciscains envoient le père Lucien Aubry et deux séminaristes, avec un brancard, pour les blessés. Un soldat allemand prendra Lucien Aubry pour cible qui meurt dans la soirée. Il avait 38 ans.

En 1967, les Franciscains vendent une partie de la propriété (avec le bâtiment actuel) à la Mission de France. Cette organisation catholique créée dans les années 1950 regroupe des prêtres ouvriers.

Les nombreuses actions à caractère social qui sont entreprises sur la ville, et au-delà, souvent en collaboration avec la Municipalité, emporte l’adhésion et le respect des fontenaysiens, par delà les clivages religieux, politiques ou philosophiques.

 

En septembre 1973, le gouvernement chilien est renversé par une junte militaire dirigée par le général Pinochet.

Devant ces événements tragiques, les prêtres de la Mission de France décident d’accueillir les réfugiés chiliens fuyant par milliers la sanglante répression dans leur pays.

A partir du mois de décembre 1973, des familles sont accueillies dans le grand bâtiment de Fontenay qui devient le « foyer ».

De 1973 à 1987, les prêtres du foyer hébergent 750 réfugiés soit plus de 220 familles chiliennes mais aussi uruguayennes et argentines

Cette solidarité n’est visiblement pas partagée par tout le monde.

Dans la nuit du 3 au 4 juin 1977, un attentat est perpétré par un groupe d’extrême-droite, le "Groupe Herman Goering", nom du bras droit de Hitler. Avec l’incendie partiel du rez-de-chaussée, les dégâts sont importants.

 

En janvier 1997, la Municipalité de Fontenay-sous-Bois décide de racheter la propriété de la rue du Révérend-Père-Aubry à la Mission de France.

Véritable témoin-mémoire de l’histoire fontenaysienne, l’ancien château est alors transformé en Maison du Citoyen et de la Vie Associative.

Depuis le 13 juin 1998 des centaines de fontenaysiens viennent participer, créer des activités, prendre la parole ou organiser des débats et des concerts.

Retrouvez l'exposition sur la Maison du Citoyen

Institution Belle-Vue

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