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Ré #, do #, la ... elles donnent le ton.

extrait du registre paroissial, 1720-1730. Archives municipales de Fontenay-sous-Bois

En lien avec le week-end pascal, nous avons choisi ce mois-ci de vous présenter un document du XVIIIème siècle. C’est un extrait du registre paroissial des actes de baptêmes, mariages, sépultures de Fontenay-sous-Bois. Entre deux actes de baptêmes d’enfants, le curé mentionne, le 8 septembre 1723, la cérémonie de la bénédiction d’une cloche de son église, Saint-Germain l’Auxerrois. Ce n’est pas la première fois qu’un curé bénit une cloche. La première cérémonie de bénédiction connue d’une cloche fontenaysienne date de 1534.

Sous l’ancien régime, les cloches ont une grande importance dans la vie religieuse mais aussi dans le quotidien du villageois. Ce dernier a le soleil comme repère dans son travail aux champs et l’église catholique impose le sien. Les cloches appellent le fidèle à la messe, aux cérémonies de baptême, mariages, sépulture … On leur donne le pouvoir d’écarter la grêle, fléau des cultures.

La cérémonie de bénédiction d’une cloche est assimilée à un baptême certainement parce que cette dernière est considérée comme une personne. Les termes qui la désignent renforcent cette assimilation : la couronne est l’anse qui permet de l’accrocher; le cerveau est juste en dessous de cette couronne ; la robe est la surface d’une cloche ...

Ce 8 septembre 1723, le curé de la paroisse de Fontenay, sieur La Bretèche nomme la cloche Antoinette, prénom de la marraine. C’est une tradition reprise pour le baptême d’un enfant. La marraine est noble. Elle est l’épouse de Messire Pierre Taxis,  écuyer conseiller du roi, receveur général des tailles de Paris (la taille, un impôt direct, assis sur les foyers est très impopulaire car arbitraire). La marraine n’est pas présente lors de la cérémonie, sa fille la représente et signe l’acte avec son père. Le curé inscrit après les signatures une mention en latin, « Nihil de est » que l’on peut traduire par « il n’y a plus rien », une façon de clore l’acte de la cérémonie.

Aujourd’hui Antoinette est encore accrochée dans le clocher de l’église Saint-germain. Elle accompagne Marie-Madeleine et Louise-Germaine. Elles donnent le Do dièse, le Ré dièse et le La.

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