Archives municipales - Patrimoine - Fontenay-sous-Bois

Le 25 août 1944, la Libération de Fontenay

A l’occasion du 76e anniversaire de la Libération de Paris et sa banlieue, les archives municipales vous présentent un cahier recensant les victimes des combats pour la libération de Fontenay.

Ce document fait partie des nombreuses sources utilisées pour l’élaboration du mémorial numérique des victimes fontenaysiennes lors de la Deuxième Guerre mondiale.

Ce mémorial numérique sera inauguré le 4 septembre prochain dans les salons de l’Hôtel de Ville.

Sa mise en ligne aura lieu lors des Journées Européennes du Patrimoine, le 19 septembre 2020.

Retrouvez également quelques témoignages d’enfants témoins des combats pour libérer Fontenay.

Ces témoignages ont été recueillis, en 1995, auprès des retraités du Club de Loisirs Georges Paquot pour l’exposition « Fontenay-sous-Bois 1939-1945 ».

La Libération de Fontenay

Mon souci était de trouver un drapeau tricolore, pour le mettre à la fenêtre le moment venu.

J’avais appris qu’à Nogent un libraire en possédait un stock. J’y allais avec une copine.

Pour revenir nous sommes passées devant le Fort, notre chemin habituel. Je courais en laissant flotter mon drapeau lorsque tout à coup, derrière un petit bosquet, je me trouvais nez à nez avec un tankiste SS dans son uniforme noir armé d’un fusil. Les deux S sont gravés dans ma mémoire. J’avais à peine 11 ans et lui devait en avoir 14. L’espace d’un instant nous nous sommes regardés et subitement nous avons tourné les talons, chacun dans une direction. J’ai roulé mon drapeau sous mon bras, le cachant de mon mieux.

Le lendemain, je jouais dans le jardin de la mairie lorsque M. Rougetet (un agent de police du poste de Fontenay qui connaissait bien tous les gosses du quartier) est arrivé chez le concierge M. Decaen. Il lui demanda de fermer les grilles de la mairie car, dit-il « 300 SS vont sûrement descendre par ici pour rejoindre le château de Vincennes ».

Ce soir-là mon père nous a raconté que ça se bagarrait dur dans la plaine, qu’il était resté couché entre deux rangs de haricots et que le chien avait eu si peur que ses oreilles étaient à l’horizontale…

 Denise RAMEAU-SCHMITT 11 ans

J’étais avec mon père sur le toit du 33 rue Pierre Larousse, face au Fort. Mon père voit les Allemands revenir sur le Fort et prendre possession du terre-plein.

Ma sœur nous crie : « Les Allemands reviennent ». Nous redescendons. Les balles commencent à siffler dans notre direction, dont une touche le potelet électrique.

Monsieur Boudeville, le voisin, est resté à sa fenêtre. Le soir j’ai appris qu’il avait été tué.

Gilbert SCAGLIA 10 ans


Vers 14 H 30, Pierrot, dont la maison donnait sur le Fort, nous a prévenus que, de la fenêtre de sa chambre, il voyait des soldats Allemands en tenue de camouflage revenir sur le Fort. J’ai crié à mon père, qui travaillait sur le toit d’une maison à côté, que les Allemands revenaient.

Les balles meurtrières commençaient à siffler de tous côtés. Les Allemands rampaient sur les talus du Fort. Les Allemands tiraient sur tout ce qui bougeait. La maman de Simone, toujours optimisme, nous disait que notre dernière heure était arrivée. On se cacha dans la cave.

Simone se souvient avoir entendu les râles d’un blessé, probablement l’Allemand posté dans le platane, qui nous tirait dessus. C’est vers 18h, au moment où les secouristes sont venus récupérer le mort, que nous avons appris la fin des combats.

En rentrant chez moi j’ai vu le cadavre de Monsieur Brulant, tué au coin de son jardin.

Le lendemain nous apprenions la mort de nombreux Fontenaisiens.

Le samedi après-midi, avec une voisine, je suis allée rendre hommage au Révérend Père Aubry.

Lucienne SCAGLIA 13 ans

Je savais qu’il s’était constitué des groupes de FFI avec brassards tricolores, qui récupéraient toutes les armes possibles.

Le Comité Local de Libération avait appelé la population à la résistance active : barrages, contrôles, arrestation de collaborateurs et attaque du Fort de Nogent, où étaient retranchés des Allemands.

Le 25, des barricades se sont élevées un peu partout avec des pavés et des arbres abattus. Il y en avait une au bout de la rue Pasteur et  une à la gare des Marchandises.

Cette gare servait aux Allemands pour charger des trains de munitions venant de la Cartoucherie de Vincennes.

On savait aussi que les Allemands, rendus furieux par l’avance des alliés, commettaient des atrocités dans le vieux Fort de Vincennes. Ils devaient faire sauter le Château.

Quand on a entendu un boum terrible, on a su qu’ils avaient mis leur projet à exécution. Des blindés Allemands et la Wehrmacht sont venus pour délivrer les soldats du Fort.

Durs combats toute la journée.

Le bilan était lourd : 28 morts dont le Père Aubry, Franciscain.

Le 26, nous courions dans le bois pour acclamer les GI de l’armée Patton.

● Jacqueline KEHRMANN 20 ans

Rue du Polygone à Vincennes, je garde le souvenir d’un militaire américain se penchant vers moi pour m’offrir mon premier chewing-gum.

J’étais surtout très impressionnée par sa rangée de dents blanches et la couleur de sa peau.

Je voyais un Noir pour la première fois, j’avais 7 ans !

Christiane DUCOS-CREZE 7 ans

Le meilleur moment fut l’arrivée des militaires alliés rue Gaston Charle.

Ils firent une pose, des personnes donnèrent des fruits, du vin… quant à mon chat blanc angora, il disparut ce jour-là, emporté par les militaires !

 Pierre BOYER 13 ans