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Les orchidées Régnier

A la fin des années 1870, l’horticulteur Alexandre Régnier établit avenue Marigny (aujourd’hui avenue Foch) une grande exploitation d’orchidées et d’œillets. 

Il y cultivait aussi des légumes et des fruits. 

En 1880, le Comité de culture potagère lui attribue une prime pour des pommes de terre de variété Marjolin et des fraises Quatre-saisons.

L’attrait qu’exerçait sur lui des orchidées, le conduisit à partir à leur recherche dès 1881. 

Pendant un an il explora la Cochinchine, l’Annam, le Cambodge, le Laos, le Siam et les Philippines.


C'est presque qu'il part à la découverte de régions inconnues d’où il rapporte diverses variétés d’orchidées. 

En 1885, il parcourut le Siam et le Brésil. 

Dix ans plus tard, il récolte aux îles Célèbes deux mille cinq cent plantes qui furent malheureusement englouties dans un naufrage. 

Mais il parvint à ramener des Philippines les beaux Phalaenopsis que l’on pouvait admirer chez lui. 

La collecte de ces fleurs offrait de nombreux problèmes. Il fallait souvent aller les chercher sur des arbres de quarante à quarante cinq mètres de hauteur, ensuite elles devaient être transportées à dos d’homme par les autochtones préposés à ces recherches. 

C’est avec d’énormes difficultés que l’on rapportait les orchidées en Europe. Une fois arrivées au port d’embarquement, elles n’étaient pas pour autant sauvées. Une grande quantité périssaient pendant le trajet et beaucoup encore chez les horticulteurs. 

Sur les seize mille plantes recueillies, seules mille deux cent résistèrent au changement de climat.


Alexandre Régnier a découvert de nombreuses variétés de plantes exotiques dont l’introduction en France concrétise sa passion pour l’horticulture. 

Il suffit de se reporter aux ouvrages traitant d’orchidées pour y trouver les espèces importées par notre collecteur. Il les acclimata dans ses serres et produisit de nombreux hybrides qui portent son nom. 

Ainsi il rapporta des montagnes de Cochinchine la Calanthe Regneri dont il dédia une variété appelée Augusti à son frère Auguste, lui aussi chercheur de fleurs inconnues et qui mourut au Tonkin, au cours de l’un de ses voyages.

 Il a aussi introduit en France un nouveau Dracaena d’une espèce très rare. 

En 1900, le Vanda caerulescens Regneri, exposé au premier concours temporaire de l’Exposition universelle, conquit tous les suffrages. L’ophiopogon qu’il appela « Muguet de Cochinchine » et dont il avait donné un échantillon au Muséum, fut présenté à l’exposition du Cours-la-Reine en 1906. 

Ses plantes obtinrent de nombreuses récompenses aux divers concours auxquels il participa.


Au cours de ses voyages il se spécialise dans l’importation des Phalaenopsis ou orchidées papillon. 

C’est pourquoi une commission de la Société nationale d’horticulture vint à Fontenay en 1896, pour y examiner quelques neuf cent Phalaenopsis amabilis et grandiflora ainsi qu’environ trois cent Schilleriana. 

Dans la seule rangée du milieu de la serre, quarante deux plantes fournissaient une éclosion simultanée de seize mille fleurs. 

La commission eut deux tâches à remplir : celle d’apprécier la beauté de la floraison et celle de signaler les mérites d’un homme courageux, qui tenta la périlleuse aventure de collecter ces plantes au loin. 

Pour ces fleurs parfaitement établies et pleine de vigueur, la commission lui accorde la grande médaille de vermeil.

Sa fille Marie, qui avait épousé un horticulteur de Malakoff, décida de poursuivre ses traces. Elle s’intéressa surtout aux œillets qu’elle présenta souvent aux expositions d’horticulture. 

En son honneur, son père avait baptisé une variété d’un blanc pur, Mademoiselle Marie Régnier.