Commémoration d'une guerre oubliée
La guerre franco-prussienne de 1870-1871
150 ans après ...
En 2020, la France commémore le 150ème anniversaire de la guerre franco-prussienne de 1870-1871. Ce conflit est très souvent survolé dans les manuels scolaires actuels. Les deux guerres mondiales qui suivent l'éclipsent. On parle souvent d'une guerre oubliée.
Les archives municipales fontenaysiennes gardent très peu de traces de cette période.
Voici le résultat de nos recherches.
Bilan humain
Le conflit oppose, du 19 juillet 1870 au 29 janvier 1871, soit un peu plus de 6 mois, la France et une coalition d'états allemands, les royaumes de Bavière, de Wurtemberg, les Grands-Duchés de Bade, de Hesse, sous la direction de la Prusse.
Le bilan humain est estimé entre 105 000 et 140 000 morts côté français, 51 000 côté prussiens, saxons, allemands et wurtembergeois.
Les soldats et officiers meurent sur le champ de bataille principalement à cause des armes à longue portée (fusils, canons, obusiers, mortiers). Les blessures par armes blanches, résultant de combats au corps à corps sont assez rares.
Les registres de l'état civil de Fontenay-sous-Bois comportent 17 actes de décès de soldats natifs de Fontenay et/ou morts au Fort de Nogent, à la redoute, sur la route stratégique (boulevards de Verdun, Gallieni et du vingt-cinq Août 1944 actuels), et au lieu-dit des Rieux pendant toute la période du conflit.
S'ajoute à cela trois soldats dont les veuves reçoivent une aide financière de la municipalité fontenaysienne. Seul un se retrouve dans les registres de l'état civil de Fontenay.
Le cimetière communal fontenaysien accueille une tombe d'un sergent-fourrier nommé Dieudonné, d'un uhlan wurtembergeois et au carré militaire une tombe de 8 soldats français pour lesquels nous n'avons aucun nom.
A nos morts, une liste provisoire
Nom - Prénom | Naissance | Décès | Vie civile | Vie militaire |
---|---|---|---|---|
BERNIER Pierre | 04/09/1843 à Restigné en Indre et Loire | 17/10/1870 à Fontenay-sous-Bois, Fort de Nogent Âge au décès: 27 ans |
Marié Domicilié à Moubasson dans le Lot-et-Garonne |
Soldat 1ère Cie de dépôt, 31e Rgt d'Infanterie de Ligne RIL), 1re Cie du dépôt |
BOUCOT Hippolyte | Marié | |||
BOULANGER Jean-Baptiste | 21/10/1840 à Faumond, département du Nord | 22/12/1870 à Fontenay-sous-Bois, 5, route Stratégique Âge au décès: 30 ans |
Célibataire Brocanteur Domicilié à Paris, 10, passage Plichon |
Garde national, 4e Cie de marche, 140e B. de Paris |
BROCHET Arthur | 03/03/1849 à Meudon, département des Hauts-de-Seine |
06/11/1870 à Fontenay-sous-Bois, Fort de Nogent Âge au décès: 21 ans Inhumé au cimetière de Fontenay-sous-Bois (?) |
Célibataire Verrier Beau-frère fontenaysien |
Garde Nationale, mobile, 51e Rgt de marche Seine-et-Oise, 7e Cie, 10e B. |
COIFFIER Hippolyte Alexandre | 17/03/1848 à Fontenay-sous-Bois, département du Val-de-Marne | 13/11/1870 à Saint-Denis, ambulance militaire de la double couronne, département de la Seine-Saint-Denis Âge au décès: 22 ans |
Marié Domicilié à Fontenay-sous-Bois |
Soldat de la Garde nationale mobile de la Seine, 4e Cie, 18e B. matricule 7230 |
DIEUDONNE | 30/11/1870 à la bataille de Champigny, sur les hauteurs Cause du décès: blessures par balle Inhumé au cimetière de Fontenay-sous-Bois, Division 19, face mur, 4D, emplacement 1528 |
Sergent-fourrier, 2e Rgt de zouaves, 2e B., 2e Cie | ||
DOS Jean | 25/08/1849 à Lunas, département de l'Hérault | 24/01/1871 à Fontenay-sous-Bois, Fort de Nogent Âge au décès: 21 ans |
Célibataire Cultivateur |
Soldat au 137e Rgt d'infanterie de ligne (RIL), 1er B., 5e Cie |
ESCOURBANIES Michel | 1852 à Aurillac, département du Cantal | 26/10/1870 à Fontenay-sous-Bois, Fort de Nogent Âge au décès: 18 ans |
Soldat au 71e Rgt d'infanterie de ligne (RIL), 2e B., 8e Cie | |
ESTERBET ou ESTERBE Germain | 28/01/1835 à Fontenay-sous-Bois, département du Val-de-Marne | 30/01/1871 à Paris, hôpital du Val-de-Grâce Âge au décès: 36 ans |
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FOURNIER Amédée Victor | 20/09/1847 à Limours, département de l'Essonnes | 28/12/1870 à Fontenay-sous-Bois, Fort de Nogent Âge au décès: 23 ans |
Célibataire | Garde nationale mobile de Seine-et-Oise, 4e B., 5e Cie |
GALUCHET ou PALUCHET François Camille | 14/08/1842 à Saint-Hilaire-le-Grand, département de la Marne | 17/01/1871 à Fontenay-sous-Bois, Fort de Nogent Âge au décès: 28 ans |
Célibataire | Soldat au 137e Rgt d'infanterie de ligne, 1er B., 5e Cie |
GUIGNY Auguste | 28/01/1848 à Fontenay-sous-Bois, département du Val-de-Marne | 22/01/1871 à Paris 10e arr. Âge au décès: 33 ans |
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GUILLORY Jean | 21/09/1846 à Ancenis, département de la Loire-Atlantique | 20/09/1870 à Fontenay-sous-Bois, Fort de Nogent Âge au décès: 23 ans |
Garde nationale mobile | |
LEFEBVRE François Joseph | 14/03/1836 à La Bassée, département du Nord | 18/01/1871 à Fontenay-sous-Bois, Fort de Nogent Âge au décès: 34 ans |
Célibataire | Soldat au 137e Rgt d'infanterie de ligne (RIL), 1er B., 5e Cie |
MORIN Eugène | 31/03/1843 à Fontenay-sous-Bois, département du Val-de-Marne | 30/03/1871 à Besançon, département du Doubs Âge au décès: 27 ans |
30e Rgt de marche (RM) | |
PHILIPPE Jean François | 16/06/1846 à Bourbriac, département des Côtes-d'Armor | 11/10/1870 à Fontenay-sous-Bois, lieu-dit Les Rieux, sur le lieu de campement Âge au décès: 24 ans |
Célibataire Maréchal (?) Domicilié à Bourbriac, département des Côtes-d'Armor |
Garde nationale mobile des Côtes-d'Armor, 2e B. |
RAPATELLE E.J.A. | 09/11/1832 à Fontenay-sous-Bois, département du Val-de-Marne | 16/10/1870 à Metz, département de la Moselle Âge au décès: 37 ans Cause du décès: des suites de blessures |
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RENEVIER Edouard | Marié Domicilié à Fontenay-sous-Bois |
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RIGOUSSENNE Jean Marie | 28/03/1846 à Guidel, département du Morbihan | 10/10/1870, à Fontenay-sous-Bois, Fort de Nogent, mort au siège de Paris Âge au décès : 24 ans |
Garde nationale mobile du Morbihan, 1er B., 6e Cie, versé dans l'armée de Paris | |
ROBILLARD Alfred Auguste | 12/10/1847 à Mareuil-Caubert, département de la Somme | 13/10/1870, à Fontenay-sous-Bois, Redoute, lieu de campement Cause du décès: tué à l'ennemi Âge au décès: 23 ans |
Célibataire Chapelier Domicilié à Mareuil-Caubert, département de la Somme |
Sous-lieutenant, garde nationale mobile de la Somme, 52e Rgt provisoire |
ANONYME | inhumé au cimetière communal de Fontenay-sous-Bois emplacement 6776 |
Soldat | ||
ANONYME | inhumé au cimetière communal de Fontenay-sous-Bois, carré militaire, emplacement 6776 | Soldat | ||
ANONYME | inhumé au cimetière communal de Fontenay-sous-Bois, carré militaire, emplacement 6776 | Soldat | ||
ANONYME | inhumé au cimetière communal de Fontenay-sous-Bois, carré militaire, emplacement 6776 | Soldat | ||
ANONYME | inhumé au cimetière communal de Fontenay-sous-Bois, carré militaire, emplacement 6776 | Soldat | ||
ANONYME | inhumé au cimetière communal de Fontenay-sous-Bois, carré militaire, emplacement 6776 | Soldat | ||
ANONYME | inhumé au cimetière communal de Fontenay-sous-Bois, carré militaire, emplacement 6776 | Soldat | ||
ANONYME | inhumé au cimetière communal de Fontenay-sous-Bois, carré militaire, emplacement 6776 | Soldat |
- 0 Nombre de victimes du conflit 1870-1871 mortes et/ou nées et/ou enterrées à Fontenay-sous-Bois, recensées en 2020
Les soldats inconnus
L'identification des soldats morts sur les champs de bataille était difficile car ils ne portaient pas encore de plaque métallique sur eux. Celle-ci apparaitra seulement en 1914. C'est pour cela que beaucoup restent anonymes. Les soldats étaient le plus souvent, ensevelis anonymement dans des tombes collectives.
Quand la bataille de Champigny s'engage le 30 novembre 1870, Paul de Kerneu engagé volontaire dans un régiment de mobiles est cantonné au Fort de Nogent. Il y prend part et relate la bataille dans son journal.
Son escouade est stationnée au Parc de Saint-Maur, au pied de la batterie du réservoir.
Le 1er décembre 1870, après les combats de la journée et l'instauration d'un trêve, chaque camp récupère ses morts. Paul de Kerneu écrit :
Aujourd'hui suspension d'armes pour enterrer les morts ; entre Champigny et la ligne de Mulhouse, on a creusé une longue tranchée ; des voitures parcourent le champ de bataille et recueillent les corps qu'elles apportent sur les bords de l'immense fosse commune ; des hommes, chargés de cette triste corvée, s'en emparent et les livrent à leur dernière demeure : par-dessus, quelques pelletées de terre et tout est dit.
Paul de Kerneu
Le traité de Francfort du 10 mai 1871, mettant fin à la guerre franco-prussienne, stipule dans son article 16 que " les deux gouvernements, français et allemands s'engagent réciproquement à faire respecter et entretenir les tombes des soldats ensevelis sur leur territoire respectif". Suite à cela, le gouvernement français adopte la loi du 4 avril 1873 qui prévoit la conservation des tombes des soldats morts pendant la guerre de 1870-1871.
C'est une nouvelle marque de respect envers les soldats tombés au champ d'honneur et une volonté des états de prendre en charge à titre permanent la préservation des sépultures.
L'Etat achète des parcelles dans les cimetières communaux où se trouvaient des tombes de soldats. De 1873 à 1878, il finance l'aménagement de 87 396 sépultures répartis sur 1438 communes, 37 859 soldats français, 21 876 allemands.
Il acquiert à la commune de Fontenay, deux concessions perpétuelles, de 2 mètres chacune, pour 8 soldats français morts sur les champs de bataille et pour un soldat wurtembergeois, pour la somme de 800 francs.
Sur la tombe des huit français du carré militaire, aucun nom n'est gravé. Les recherches sont en cours.
Nous savons tout de même que cette tombe a été déplacée et installée très certainement en 1923 autour du monument commémoratif de 1914-1918, la Pleureuse, dans le cimetière militaire.
Son aspect a changé. En effet, la municipalité décide en 1950 de donner aux soldats morts pour la France des tombes identiques. (voir le croquis)
Il faut rappeler que la mention "Mort pour la France" a été créée en 1915.
L'entreprise Verez est chargée des travaux. Le mémoire définitif compte 95 tombes.
Et enfin en 1962, les tombes du cimetière militaire et La Pleureuse sont déplacées au carré militaire actuel, suite au énième agrandissement du cimetière fontenaysien.
Pour retrouver cette tombe: Cimetière communal, 116, boulevard Gallieni, carré militaire, emplacement n° 6776
L'autre tombe financée par l'Etat français, est celle d'un soldat wurtembergeois. Nous ne connaissons pas son identité. Nous savons simplement qu'il était uhlan (lancier à cheval), tombé sur le champ de bataille en 1870.
Une plaque émaillée posée sur la tombe et une autre réglementaire, en fonte, rappellent la loi de 1873 qui engage l'Etat français à la conservation des tombes des soldats morts pendant la guerre de 1870-1871.
S'y trouve également une colonne posée sur la pierre tombale. Les archives municipales n'ont aucune trace de l'origine de cette colonne.
Durant l'occupation allemande de 1940 à 1944, cette tombe fut entretenue et fleurie par les troupes de la Wehrmacht. Des cérémonies y eurent lieu chaque année pour marquer la filiation symbolique entre le 3ème et le 2ème Reich.
Retrouvez cette tombe au cimetière communal, 116, boulevard Gallieni, division n°15, 1 D, emplacement 1511, concession n° 195500149.
Arthur Brochet, garde mobile
Le 7 novembre 1870, Paul de Kerneu, garde mobile cantonné au Fort de Nogent, assiste à l'enterrement d'un de ses camarades, tué lors d'une mission de reconnaissance. Il le note dans son journal.
Le service est "d'une brièveté toute militaire", célébré (dans le Fort de Nogent même) dans la casemate qui sert de chapelle. Ensuite, le cercueil est conduit au cimetière communal de Fontenay. Paul de Kerneu ne donne pas son nom.
En faisant des recoupements avec les registres des actes de décès de l'Etat civil de Fontenay, il pourrait s'agir d'Arthur Brochet, mort le 6 novembre 1870 au Fort de Nogent, à l'âge de 22 ans.
Il était originaire de Meudon, dans les Hauts de Seine actuels. Célibataire, verrier dans le civil, il est garde mobile, appelé "moblots", à la 7ème compagnie, 10ème bataillon, 51ème régiment de marche de Seine et Oise.
Nous ne retrouvons pas son nom au cimetière communal de Fontenay-sous-Bois ni dans celui de sa ville natale, Meudon.
Le zouave Dieudonné à la bataille de Champigny
Après la défaite de l'armée française à la première bataille du Bourget et la nouvelle de la capitulation de Metz, de la fin du mois d'octobre 1870, le moral de la population parisienne décline.
Pour remédier à cette situation et redonner espoir aux habitants de la capitale, le général Louis Trochu, gouverneur de Paris, décide d'organiser une sortie générale afin d'effectuer une percée des lignes allemandes.
Une tentative en direction de Champigny est décidée : elle doit permettre à l'armée de Paris de desserrer l'étau allemand et prussien et de rejoindre l'Armée de la Loire, ce qui pourrait renverser le rapport de force.
Le 30 novembre 1870, 80 000 soldats de la garde nationale, sous les ordres du général Ducrot, s'élancent vers les villages de Champigny-sur-Marne et Bry-sur-Marne, à l'est de la Marne.
Pour mieux comprendre cette bataille, le musée Adrien Mentienne de la ville de Bry-sur-Marne a réalisé une carte animée.
Lors d'un assaut contre l'enceinte du parc de Villiers, le sergent-fourrier Dieudonné, ancien trompette de dragons, zouave du 2ème régiment, 2ème bataillon, 2ème compagnie, saisit la trompette d'un clairon tué quelques instants plus tôt. Il sonne la charge malgré une situation désespérée. Il vient d'être atteint de 16 projectiles et meurt le clairon aux lèvres.
Nous sommes le 1er jour de la bataille de Champigny, le 30 novembre 1870. Le zouave Dieudonné est inhumé au cimetière communal de Fontenay-sous-Bois, à quelques mètres du soldat wurtembergeois.
La bataille fera côté français 9 500 morts, blessés ou prisonniers, 5 500 côté allemand, prussiens, saxons, wurtembergeois.
Retrouvez cette tombe au cimetière communal de Fontenay-sous-Bois, Division n° 19, tombe face au mur 4 D, emplacement n° 1528, concession n° 861
Le Souvenir français et l'inauguration du mémorial de Dieudonné
Sur la tombe du zouave Dieudonné est érigée une colonne. L'association du Souvenir français en est l'initiatrice et se charge de sa réalisation.
L'association naît en 1887 à Neuilly-sur-Seine. Un professeur alsacien Xavier Niessen veut développer le culte des morts pour la France et l'entretien de leurs tombes afin de manifester l'attachement des Alsaciens et Lorrains à la Patrie française, en dépit de l'annexion allemande et de maintenir en France le souvenir des provinces perdues.
Le Souvenir Français est créé, alors que la République s’enracine et que la défaite de 1870 reste un souvenir dont « on ne parle jamais et dont on se souvient toujours ».
Le mémorial de la tombe du zouave Dieudonné correspond à la naissance à Fontenay-sous-Bois du phénomène "ancien combattant".
Il est inauguré le 13 septembre 1897 en présence du maire Edouard-Henri Squeville et de la municipalité de Fontenay.
Le délégué du Souvenir français, M. Cayral dépose une couronne de fleurs et prononce un discours. Assistent également à la cérémonie les membres de la société d'anciens militaires le Turban.
Durant les années suivantes, des rassemblements patriotiques se déroulent sur cette tombe et sur celle qui se trouve au carré militaire. Les manifestations donnent lieu à des discours du maire, à des dépôts de fleurs et à des défilés dans les rues de la ville au son du clairon et avec des drapeaux tricolores en tête de cortège.
Aux enfants de Fontenay morts pour la Patrie, le monument de 1913
Il faut attendre près de 38 ans après la fin du conflit franco-allemand pour que la commune de Fontenay-sous-Bois voit s'ériger un monument commémoratif pour l'ensemble des soldats morts en 1870 et 1871.
Cette longue période peut s'expliquer par le traumatisme de la défaite française avec la perte de l'Alsace et de la Lorraine, une forte indemnité financière et l'occupation allemande jusqu'en 1873.
Comme pour la colonne mémorielle du zouave Dieudonné, le Souvenir français est à l'initiative d'un projet, cette fois-ci de plus grande envergure.
Un comité du monument est créé en septembre 1909. En octobre, ce dernier fait parvenir au maire Désiré Victor Mussault une pétition pour la création d'une souscription publique pour financer le projet. La réalisation est patronnée par les ministres de la Guerre et de la Marine et le sous-secrétaire d'Etat aux Beaux-Arts.
Deux mois plus tard, les élus fontenaysiens autorisent l'installation du monument dans le cimetière communal.
En 1911, le conseil municipal, à la demande du comité, revient sur cette décision et accepte que le monument soit érigé sur une "place publique", le boulevard des écoles (boulevard André-Bassé actuel).
Le projet est confié au sculpteur Charles Eugène Breton (1878-1968) peinte et sculpteur, 3e prix au salon des artistes français en 1904 et spécialiste de la sculpture monumentale.
L'architecte est Paul Aubin.
Le monument se compose d’une figure allégorique de la patrie tenant un drapeau frangé en haut duquel se trouve un écusson avec les lettres RF pour République Française. Elle tient dans sa main gauche une couronne mortuaire et une palme funéraire. La femme porte sur sa tête un châle mais laisse découvrir ses cheveux. Le tissu de la robe retombe sur le socle et le dépasse. Son regard se porte devant elle.
Le monument est en pierre calcaire de la région.
La statue s’appuie sur le socle d’un obélisque en haut duquel se trouvent les armes de la commune de Fontenay et sa devise Querno sub tegmine fontes (Source sous le feuillage des chênes). En dessous se trouve une inscription : « Aux enfants de Fontenay morts pour la patrie ».
Au dos du monument se trouve aussi une inscription : « RF Aux enfants de Fontenay morts victimes du devoir ». En effet son premier positionnement à l’ange de deux rues permettait aux passants de faire tour de ce monument et donc de lire à nouveau une dédicace sur l’arrière de celui-ci.
A l'origine, le monument était entouré d’une grille.
L'inauguration a lieu le 22 juin 1913.
Le ministre du Travail et de la prévoyance sociale, Henry Chéron, a fait le déplacement.
Il est accueilli par le maire, Charles Bassée, la municipalité; M. Doussain, président de la commission exécutive du monument; Charles Deloncle, député; le représentant du ministre de la Guerre; M. Barbier, sénateur; M. Sansbeuf, président général des Vétérans des Armées de terre et de mer; le capitaine Pélissier; de nombreuses délégations de sociétés de Fontenay et des localités voisines; des officiers du 28e régiment de dragons et du 59e régiment d'artillerie.
Après de nombreux discours, une réception est donnée en mairie.
Voici un extrait du discours du ministre Chéron devant le monument :
... Ce monument est élevé non seulement aux morts de 1870-71, mais aussi à ceux qui ont donné leur vie plus modestement dans l'accomplissement de leur devoir. Ainsi, cette fête est la fête du devoir. Le devoir, c'est à l'école qu'il faut l'apprendre aux enfants; c'est dans la famille qu'il faut le leur faire connaître et c'est à la caserne surtout qu'ils apprendront ce qu'il est. Ne nous plaignons donc pas que la vie moderne ait fait une nécessité du service obligatoire pour tous, car, grâce à celui-ci, nos enfants apprennent et aiment la discipline ...
Henry Chéron
Après la Guerre mondiale de 1914-1918, le monument est entouré de bornes en formes d'obus et de deux pièces d'artillerie.
En 1981 le monument est déplacé de quelques mètres pour permettre la création de la cour de l'école maternelle Mot.
Aujourd'hui, le monument est situé à l'angle des rues de l'Ancienne mairie et François-Poil.
Date de modification : 3 juillet 2024